Actualité

Du 25 juin au 07 juillet 2018, la 14ème édition du Festival des Etés de la Danse investit la Seine Musicale avec 4 programmes différents. Tout d'abord, 2 programmes Hommage à Jerome ROBBINS : le premier du 25 au 27 juin interprété par le New York City Ballet («Dances at a Gathering» et «Suite of Dances») et le Joffrey Ballet («Interplay» et «Glass Pieces»), le second du 28 au 30 juin interprété par le Miami City Ballet («In the Night» et «Other Dances»), le Perm Opera Ballet («Four Seasons») et le Pacific Northwest Ballet («Opus 19/The Dreamer»). Puis, 2 programmes du Pacific Northwest Ballet de Seattle, du 03 au 07 juillet : le premier (les 03 et 06 juillet à 20h et le 07 juillet à 14h30) présentant des œuvres des chorégraphes Christopher Wheeldon, Ulysse Dove, Alejandro Cerrudo et Cristal Pite, le second (les 04, 05 et 07 juillet à 20h) présentant des œuvres des chorégraphes Jessica Lang, William Forsythe, Benjamin Millepied et Twyla Tharp.
C’est désormais la règle, l’âge de la retraite des danseurs à l’Opéra National de Paris est fixé à 42 ans et demi, pour les hommes comme pour les femmes. C’est pourquoi, le 31 mars prochain, la danseuse Etoile Marie-Agnès GILLOT (née le 07 septembre 1975 à Caen) fera ses adieux à l’Opéra National de Paris dans le rôle d’Eurydice, sur l’Opéra dansé «Orphée et Eurydice» chorégraphié par Pina BAUSCH. // Sur la photo, Marie-Agnès danse le rôle de Nikiya dans «La Bayadère», chorégraphie de Rudolf NOUREEV. // Marie-Agnès GILLOT débute la danse à l’âge de 5 ans à Caen puis, à partir de 9 ans, elle poursuit sa formation à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris. En 1989, à 14 ans et demi, elle intègre le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris, avec une dispense d’âge parce qu’elle est légalement trop jeune. En 1991, elle est promue Quadrille, Coryphée en 1992, puis Sujet en 1994. Le 14 janvier 1999, Marie-Agnès Gillot devient Première Danseuse du Ballet de l’Opéra de Paris et, le 18 mars 2004, elle est nommée Etoile à la suite de la représentation de «Signes» de Carolyn CARLSON. Au niveau du Répertoire Classique, Marie-Agnès a dansé les rôles principaux des grands ballets de Rudolf NOUREEV, comme «Le Lac des Cygnes», «Don Quichotte», «La Bayadère» (voir photo), «Raymonda», «La Belle au bois dormant» et «Cendrillon». Elle a également abordé les œuvres de George BALANCHINE («Concerto Barocco», «Apollon Musagète», «Joyaux», «Sérénade», «Liebeslieder Waltzer», «Agon», «Symphony in C», «Les Quatre Tempéraments», «Le Fils Prodigue»), Patrice BART («Giselle» - rôle de Myrtha), Pina BAUSCH («Orphée et Eurydice»), Maurice BÉJART («La IX° Symphonie», «Le Concours», «Webern Opus V», «Le Boléro»), Kader BELARBI («Hurlevent»), Carolyn CARLSON («Signes»), Mats EK («Giselle», «Appartement»), William FORSYTHE («In the Middle Somewhat Elevated», «Woundwork 1», «The Vertiginous Thrill of Exactitude», «Pas./parts»), Pierre LACOTTE («Paquita»), Abou LAGRAA («Le Souffle du Temps»), Serge LIFAR («Les Mirages», «Phèdre»), Edouard LOCK («AndréAuria»), Kenneth MacMILLAN («L’Histoire de Manon»), Wayne McGREGOR («Genus»), John NEUMEIER («Sylvia», «Le Songe d’une Nuit d’Eté»), Roland PETIT («Clavigo», «Notre-Dame de Paris», «Carmen», «Le Jeune Homme et la Mort»), Angelin PRELJOCAJ («Casanova», «Annonciation», «Le Songe de Médée»), Jerome ROBBINS («Glass Pieces», «The Cage»), … En tant que chorégraphe, Marie-Agnès a signé «Rares Différences» (2007) et «Sous Apparence» (2012). En 2005, elle a été récompensée par le Benois de la Danse. (Article Patrick HERRERA)
Du 03 au 08 octobre 2017, le Ballet National du Canada était invité au Théâtre des Champs-Elysées pour cinq représentations exceptionnelles du ballet «Nijinsky» de John NEUMEIER. Tout d’abord, qui était Vaslav NIJINSKY ? Danseur et chorégraphe russe d’origine polonaise, Vaslav NIJINSKY est né le 12 mars 1889 à Kiev et décédé le 8 avril 1950 à Londres. Formé à l’Académie de Danse Impériale de Saint-Pétersbourg, il danse au Ballet du Théâtre Maryinsky où l’impressario Serge de DIAGHILEV le sélectionne pour les tournées internationales des Ballets Russes. Réputé pour sa virtuosité et pour ses sauts, il est considéré comme le plus grand danseur de son époque. Il a marqué de son interprétation les créations de Mikhail FOKINE dans le rôle de l’Esclave d’Or de «Shéhérazade» (1910), dans «Pétrouchka» (1911) et dans «Le Spectre de la Rose» (1911), mais aussi dans le rôle du Faune dans sa propre chorégraphie de «L’Après-midi d’un Faune» (1912). En 1913, au Théâtre des Champs-Elysées, sa chorégraphie moderne du «Sacre du Printemps» sur la musique d’Igor STRAVINSKY fit scandale. Côté vie privée, il fut l’amant de Serge de DIAGHILEV de 1908 à 1913, avant de tomber amoureux et d’épouser la danseuse hongroise Romola de PULSZKY en 1913 à Buenos Aires. En 1919, il sombre dans une folie mégalomane et mystique, qui lui fait perdre la totalité de ses moyens et met fin à sa carrière artistique. Grand admirateur et collectionneur d’objets ayant appartenus à Vaslav NIJINSKY, le chorégraphe John NEUMEIER a décidé de situer l’action de son ballet biographique à une date charnière : le 19 janvier 1919, dans une salle de l’Hôtel Suvretta House de Saint Moritz (Suisse), où Vaslav NIJINSKY a dansé pour la dernière fois en public. L’Acte I propose un voyage imaginaire dans les souvenirs de NIJINSKY, sa relation avec son mentor Serge de DIAGHILEV, ses plus grands rôles (interprétés chacun par un danseur différent), sa partenaire Tamara KARSAVINA, mais aussi sa vie privée avec sa sœur Bronislava (qui devint chorégraphe) et sa rencontre avec son épouse Romola sur le bateau qui les conduisait en Amérique du Sud. L’Acte II essaye d’illustrer la folie de NIJINSKY où se mêlent souvenirs d’enfance, visions cauchemardesques de la Première Guerre Mondiale et l’infidélité de sa femme. Hommage narratif complexe, ce ballet offre une lecture poétique de la vie de Vaslav NIJINSKY en mettant en lumière les instants de gloire, mais aussi les heures sombres de l’artiste et de l’homme. La Compagnie du Ballet du Canada, dirigée par Karen KAIN et forte de 78 danseurs, s’approprie le style du chorégraphe et entraîne le spectateur dans ce chef d’œuvre qui explore les méandres de l’esprit de NIJINSKY. Pour la représentation du dimanche 08/10/2017 à laquelle j’ai assisté, Vaslav NIJINSKY était interprété par un remarquable Francesco Gabriele FROLA (photo du bas) qui combine admirablement virtuosité et fragilité, pour donner vie aux tourments de son personnage. Sa femme Romola bénéficiait de l’impressionnante présence scénique de Svetlana LUNKINA, ex-Etoile du Bolchoï de Moscou. La ballerine Tamara KARSAVINA était confiée à la douceur romantique de Jillian VANSTONE (photo du bas). Parmi les interprètes des rôles mythiques rêvés qui ont été créés par Vaslav NIJINSKY, je retiendrai surtout Félix PAQUET (photo du haut) dans le Faune de «L’Après-midi d’un Faune», mais également dans l’Esclave d’Or de «Shéhérazade», ainsi que Harrison JAMES dans l’Esprit de la Rose du «Spectre de la Rose». Les musiques, empruntées à CHOPIN, SCHUMANN, RIMSKY-KORSAKOV et CHOSTAKOVICH ont été interprétées en direct par l’Orchestre Prométhée sous la direction de David BRISKIN, avec une remarquable violon solo, Anne-Claire GORENSTEIN. Au final, l’ensemble du spectacle fut chaleureusement applaudi par le public qui lui réserva une standing ovation amplement méritée. Il faut dire qu’un tel ballet hommage à Vaslav NIJINSKY ne pouvait rêver de plus bel écrin que le Théâtre des Champs-Elysées qui, un siècle plus tôt, avait déjà accueilli le danseur et le chorégraphe de son vivant, lorsqu’il faisait la gloire des Ballets Russes. (Article Patrick HERRERA) // Photo du haut : Félix PAQUET (incarnation rêvée d’un célèbre rôle créé initialement par Vaslav NIJINSKY) dans le rôle du Faune dans «L’Après-midi d’un Faune» ; photo du bas : Francesco Gabriele FROLA (Vaslav NIJINSKY) et Jillian VANSTONE (Tamara KARSAVINA) dans «Les Sylphides».
Jeudi dernier, le 06 juillet 2017, le public de la Salle Pleyel était debout pour accueillir Alicia ALONSO, 96 ans, laquelle était venue saluer, entourée de ses danseurs Yoel CARRENO et Dani HERNANDEZ, à l’issue d’un fantastique Gala donné en son honneur (photo). // Prima Ballerina Assoluta, chorégraphe et Directrice de Compagnie, Alicia Alonso est beaucoup plus que cela : elle est une légende vivante, la créatrice symbole du style cubain de danse classique et le porte-drapeau de la danse cubaine à travers le monde. Alicia Alonso est née Alicia Ernestina de la Caridad dei Cobre Martinez Hoyo, le 21 décembre 1920 à La Havane. Elle est la benjamine de quatre frères et, dès l’âge de cinq ou six ans, elle commence à danser spontanément en écoutant de la musique. Son père, qui est militaire, est envoyé en garnison en Espagne, où Alicia prend quelques cours de danse espagnole. En 1931, elle rentre à Cuba et elle commence l’apprentissage du ballet à l’école Pro-Arte Musical de l’ukrainien Nicolaï Yavorsky, qui vient tout juste d’ouvrir. A l’âge de 15 ans, elle s’envole pour New York, où elle prend des cours avec Anatole Vilzak et à la School of American Ballet. Elle épouse un camarade de classe, Fernando Alonso, avec qui elle aura une fille, Laura. En 1938, elle fait ses débuts professionnels à Broadway dans les comédies musicales «Great Lady» et «Stars in Your Eyes». L’année suivante, elle entre au Ballet Caravan (futur New York City Ballet) et en 1940, elle intègre une compagnie qui vient tout juste de se former : le Ballet Theatre (futur American Ballet Theatre), où elle dansera régulièrement jusqu’en 1960. Ballerine à la technique virtuose et douée d’une intensité dramatique hors du commun, elle interprète les principaux rôles du répertoire Classique et travaille avec un grand nombre de chorégraphes majeurs du XX° siècle : Mikhail Fokine, George Balanchine, Léonide Massine, Bronislava Nijinska, Anthony Tudor, Jerome Robbins et Agnes de Mille. Son rôle emblématique est ‘Giselle’, qu’elle danse pour la première fois à New York en 1943 et qu’elle interprétera sur les plus grandes scènes du monde (à l’Opéra de Paris en 1972, avec Cyril Atanassoff pour partenaire) jusqu’en 1993 ! Elle crée également des premiers rôles dans de nouveaux ballets, dont les plus célèbres sont : «Undertow» (Tudor, 1945), «Theme and Variations» (Balanchine, 1947) et «Fall River Legend» (de Mille, 1948). Entre 1941 et 1943, elle danse par intermittences avec la Compagnie Pro-Arte de La Havane, pour qui elle réalise sa première chorégraphie d’un grand classique : «Giselle» (1945). En 1948, son désir de développer la Danse Classique à Cuba la pousse à créer avec son mari et son beau-frère, le chorégraphe Alberto Alonso, le Ballet Alicia Alonso, qu’elle complète par une Ecole dès 1950, afin de former ses successeurs. A partir de ce moment, Alicia partage son temps entre ses responsabilités dans sa Compagnie (directrice artistique, chorégraphe et interprète) et les invitations de grandes compagnies internationales : Ballets Russes de Monte-Carlo (chaque saison entre 1955 et 1959), Bolchoï (1957), Kirov (1958) ; sa première représentation à Paris date de 1953 (Théâtre de Chaillot). En dépit de grandes difficultés financières, sa Compagnie parvient à présenter la première version intégrale du «Lac des Cygnes» aux Etats-Unis (1954). Après la Révolution de 1959, le gouvernement de Fidel Castro encourage et subventionne le développement culturel du pays : le Ballet Alicia Alonso devient Ballet National de Cuba et se voit accorder les moyens de ses ambitions, en plus d’un théâtre et de studios de répétitions. Devenue la vitrine de la culture cubaine, sa Compagnie va éduquer la population de l’île à son art en dansant jusque dans les usines et les petits villages (sur un camion aménagé en scène), tout en se produisant régulièrement en tournée sur les scènes d’Europe, d’Asie et d’Amérique. En 1960, Alicia crée le Festival International de Danse de La Havane (25ème édition en 2016), lequel participe au rayonnement du Ballet National de Cuba, tout en favorisant les échanges avec les autres compagnies du monde. Alicia est aussi un exemple de courage et d’obstination guidée par une passion. Atteinte d’un décollement de rétine à l’âge de 19 ans, elle commence à perdre la vue et les médecins lui prédisent qu’elle ne pourra plus danser. Malgré de nombreuses opérations, à 25 ans elle est quasiment aveugle. Depuis, elle a dansé en se laissant guider par la voix de ses partenaires et grâce à des lumières vertes et rouges disposées dans la corbeille. Pour ses chorégraphies, elle se réunit avec ses assistants autour d’une table, laquelle représente la scène, puis elle montre les trajectoires avec ses mains, tout en décrivant les pas et ses instructions sont transmises aux interprètes. Ayant l’ouïe fine, elle peut corriger ses danseurs au bruit de leurs pas. Aujourd’hui, le style cubain de Danse Classique est unanimement reconnu et la contribution d’Alicia Alonso au développement de l’art chorégraphique lui a valu de nombreuses distinctions et récompenses. A 96 ans, Alicia Alonso reste une chorégraphe active, dont les œuvres figurent au répertoire de nombreuses compagnies (l’Opéra de Paris possède «Giselle», «Pas de Quatre» et «La Belle au bois dormant») et une directrice de compagnie omniprésente. (Article Patrick HERRERA)
Dix ans après sa dernière tournée à Paris, le Ballet National de Cuba sera sur la scène de la Salle Pleyel, du 6 au 20 juillet 2017. Au programme, une Soirée d’Ouverture exceptionnelle en hommage à Alicia ALONSO, la Directrice mythique de la Compagnie, puis six représentations de «Giselle» (voir photo avec Anette DELGADO et Dani HERNANDEZ), le chef d’œuvre du ballet romantique, et sept représentations de «Don Quichotte», le ballet le plus propice à laisser éclater la virtuosité technique des danseurs cubains. Compagnie Classique de tout premier plan sur la Scène Internationale, le Ballet National de Cuba ne cesse d’étonner par l’engagement et l’enthousiasme de ses danseurs. A voir absolument ! (Article Patrick HERRERA)

Commentaires

16.05 | 13:56

Un spectacle de qualité avec une programmation harmonieuse entre les pièces classiques et contemporaines, mais aussi au niveau de la musique. Une belle soirée !

...
15.05 | 14:26

Un beau moment très bien dansé qui permet de s'échapper du quotidien.

...
15.05 | 00:47

Une soirée inoubliable. Un enchantement pour moi qui ai découvert mes sculptures en mouvement. Quelle émotion! Un spectacle de grande qualité.

...
11.12 | 02:27

Ekaterina & Dmitri ont évolué sur 2 musiques : d'abord le Prélude n°20 de Frédéric CHOPIN, puis 'Les Quatre Saisons' d'Antonio VIVALDI arrangé par Nigel KENNEDY

...