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Du 03 au 08 octobre 2017, le Ballet National du Canada était invité au Théâtre des Champs-Elysées pour cinq représentations exceptionnelles du ballet «Nijinsky» de John NEUMEIER. // Photo du haut : Félix PAQUET (incarnation rêvée d’un célèbre rôle créé initialement par Vaslav NIJINSKY) dans le rôle du Faune dans «L’Après-midi d’un Faune» ; photo du bas : Francesco Gabriele FROLA (Vaslav NIJINSKY) et Jillian VANSTONE (Tamara KARSAVINA) dans «Les Sylphides».
Jeudi dernier, le 06 juillet 2017, le public de la Salle Pleyel était debout pour accueillir Alicia ALONSO, 96 ans, laquelle était venue saluer, entourée de ses danseurs Yoel CARRENO et Dani HERNANDEZ, à l’issue d’un fantastique Gala donné en son honneur (photo). // Prima Ballerina Assoluta, chorégraphe et Directrice de Compagnie, Alicia Alonso est beaucoup plus que cela : elle est une légende vivante, la créatrice symbole du style cubain de danse classique et le porte-drapeau de la danse cubaine à travers le monde. Alicia Alonso est née Alicia Ernestina de la Caridad dei Cobre Martinez Hoyo, le 21 décembre 1920 à La Havane. Elle est la benjamine de quatre frères et, dès l’âge de cinq ou six ans, elle commence à danser spontanément en écoutant de la musique. Son père, qui est militaire, est envoyé en garnison en Espagne, où Alicia prend quelques cours de danse espagnole. En 1931, elle rentre à Cuba et elle commence l’apprentissage du ballet à l’école Pro-Arte Musical de l’ukrainien Nicolaï Yavorsky, qui vient tout juste d’ouvrir. A l’âge de 15 ans, elle s’envole pour New York, où elle prend des cours avec Anatole Vilzak et à la School of American Ballet. Elle épouse un camarade de classe, Fernando Alonso, avec qui elle aura une fille, Laura. En 1938, elle fait ses débuts professionnels à Broadway dans les comédies musicales «Great Lady» et «Stars in Your Eyes». L’année suivante, elle entre au Ballet Caravan (futur New York City Ballet) et en 1940, elle intègre une compagnie qui vient tout juste de se former : le Ballet Theatre (futur American Ballet Theatre), où elle dansera régulièrement jusqu’en 1960. Ballerine à la technique virtuose et douée d’une intensité dramatique hors du commun, elle interprète les principaux rôles du répertoire Classique et travaille avec un grand nombre de chorégraphes majeurs du XX° siècle : Mikhail Fokine, George Balanchine, Léonide Massine, Bronislava Nijinska, Anthony Tudor, Jerome Robbins et Agnes de Mille. Son rôle emblématique est ‘Giselle’, qu’elle danse pour la première fois à New York en 1943 et qu’elle interprétera sur les plus grandes scènes du monde (à l’Opéra de Paris en 1972, avec Cyril Atanassoff pour partenaire) jusqu’en 1993 ! Elle crée également des premiers rôles dans de nouveaux ballets, dont les plus célèbres sont : «Undertow» (Tudor, 1945), «Theme and Variations» (Balanchine, 1947) et «Fall River Legend» (de Mille, 1948). Entre 1941 et 1943, elle danse par intermittences avec la Compagnie Pro-Arte de La Havane, pour qui elle réalise sa première chorégraphie d’un grand classique : «Giselle» (1945). En 1948, son désir de développer la Danse Classique à Cuba la pousse à créer avec son mari et son beau-frère, le chorégraphe Alberto Alonso, le Ballet Alicia Alonso, qu’elle complète par une Ecole dès 1950, afin de former ses successeurs. A partir de ce moment, Alicia partage son temps entre ses responsabilités dans sa Compagnie (directrice artistique, chorégraphe et interprète) et les invitations de grandes compagnies internationales : Ballets Russes de Monte-Carlo (chaque saison entre 1955 et 1959), Bolchoï (1957), Kirov (1958) ; sa première représentation à Paris date de 1953 (Théâtre de Chaillot). En dépit de grandes difficultés financières, sa Compagnie parvient à présenter la première version intégrale du «Lac des Cygnes» aux Etats-Unis (1954). Après la Révolution de 1959, le gouvernement de Fidel Castro encourage et subventionne le développement culturel du pays : le Ballet Alicia Alonso devient Ballet National de Cuba et se voit accorder les moyens de ses ambitions, en plus d’un théâtre et de studios de répétitions. Devenue la vitrine de la culture cubaine, sa Compagnie va éduquer la population de l’île à son art en dansant jusque dans les usines et les petits villages (sur un camion aménagé en scène), tout en se produisant régulièrement en tournée sur les scènes d’Europe, d’Asie et d’Amérique. En 1960, Alicia crée le Festival International de Danse de La Havane (25ème édition en 2016), lequel participe au rayonnement du Ballet National de Cuba, tout en favorisant les échanges avec les autres compagnies du monde. Alicia est aussi un exemple de courage et d’obstination guidée par une passion. Atteinte d’un décollement de rétine à l’âge de 19 ans, elle commence à perdre la vue et les médecins lui prédisent qu’elle ne pourra plus danser. Malgré de nombreuses opérations, à 25 ans elle est quasiment aveugle. Depuis, elle a dansé en se laissant guider par la voix de ses partenaires et grâce à des lumières vertes et rouges disposées dans la corbeille. Pour ses chorégraphies, elle se réunit avec ses assistants autour d’une table, laquelle représente la scène, puis elle montre les trajectoires avec ses mains, tout en décrivant les pas et ses instructions sont transmises aux interprètes. Ayant l’ouïe fine, elle peut corriger ses danseurs au bruit de leurs pas. Aujourd’hui, le style cubain de Danse Classique est unanimement reconnu et la contribution d’Alicia Alonso au développement de l’art chorégraphique lui a valu de nombreuses distinctions et récompenses. A 96 ans, Alicia Alonso reste une chorégraphe active, dont les œuvres figurent au répertoire de nombreuses compagnies (l’Opéra de Paris possède «Giselle», «Pas de Quatre» et «La Belle au bois dormant») et une directrice de compagnie omniprésente. (Article Patrick HERRERA)
Dix ans après sa dernière tournée à Paris, le Ballet National de Cuba sera sur la scène de la Salle Pleyel, du 6 au 20 juillet 2017. Au programme, une Soirée d’Ouverture exceptionnelle en hommage à Alicia ALONSO, la Directrice mythique de la Compagnie, puis six représentations de «Giselle» (voir photo avec Anette DELGADO et Dani HERNANDEZ), le chef d’œuvre du ballet romantique, et sept représentations de «Don Quichotte», le ballet le plus propice à laisser éclater la virtuosité technique des danseurs cubains. Compagnie Classique de tout premier plan sur la Scène Internationale, le Ballet National de Cuba ne cesse d’étonner par l’engagement et l’enthousiasme de ses danseurs. A voir absolument ! (Article Patrick HERRERA)
Pour sa cinquième invitation au Festival des «Etés de la Danse», l’ALVIN AILEY AMERICAN DANCE THEATER va investir La Seine Musicale, du 4 au 22 juillet 2017. Située sur l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt, La Seine Musicale a été inaugurée le 22 avril 2017 et représente le nouveau pôle artistique et culturel de l’Ouest Parisien. La soirée d’ouverture propose un programme unique composée de onze chorégraphies ou extraits de chorégraphies, alors que les 19 représentations suivantes sont réparties en cinq programmes différents qui se composent d’une sélection de trois à six chorégraphies choisies parmi les seize ballets présentés à Boulogne-Billancourt. Bien sûr, il y aura les indispensables du maître fondateur Alvin Ailey comme «Revelations» (1960 ; voir photo avec Abdur-Rahim JACKSON), l’œuvre de référence de la Compagnie, mais aussi «Blues Suite» (1958), «Cry» (1971) et «Night Creature» (1974). Il y aura également des créations des fidèles de la Compagnie, comme Robert Battle (le Directeur Artistique actuel de la Compagnie), Rennie Harris, Billy Wilson et Ronald K Brown, mais aussi Paul Taylor et Christopher Wheeldon. Voilà un beau programme de Danse pour venir découvrir la toute nouvelle grande scène de l’Ouest Parisien ! (Article Patrick HERRERA) – Découvrez des images de l’ALVIN AILEY AMERICAN DANCE THEATER en cliquant sur Photos DANSE/Alvin AILEY.
Du 13 au 15 janvier 2017, le Théâtre des Champs-Elysées accueille à nouveau le ballet «La Chauve-Souris» de Roland PETIT. Présenté en 1979, année de sa création, par les Ballets de Marseille, il y a déjà 38 ans, cette reprise nous est offerte par le Ballet de l’Opéra de Rome, dirigé depuis le printemps 2016 par l’ex-Etoile de l’Opéra de Paris, Eleonora ABBAGNATO, laquelle a souhaité rendre hommage à celui qu’elle considère comme son mentor, Roland PETIT. Ce ballet en deux actes revisite l’opérette éponyme de Johann STRAUSS, dont il conserve la musique et la trame narrative. L’histoire se concentre sur Bella et Johann, un couple bourgeois dont le mari volage, pour séduire, se métamorphose en chauve-souris la nuit. Aidé par son ami Ulrich, Bella entreprend de reconquérir son mari en se métamorphosant en femme fatale. Par ce stratagème, Bella parvient à séduire la chauve-souris et à lui couper les ailes, pour que Johann devienne un mari soumis et que l’ordre revienne dans son foyer. Dans la représentation à laquelle j’ai assisté, Bella et Johann étaient interprétés par Iana SALENKO (photo) et Marian WALTER, tous les deux Etoiles invitées du Ballet de l’Opéra de Berlin. Iana, qui a la lourde responsabilité de faire revivre le rôle créé pour Zizi JEANMAIRE, est une Bella remarquable, à la fois piquante et expressive, tout en proposant une admirable technique douée de sensualité. Marian développe une technique aérienne, tout en se montrant sombre et mystérieux, pour incarner une étonnante chauve-souris. Ulrich était interprété par un excellent Marco MARANGIO, soliste du Ballet de l’Opéra de Rome, danseur très expressif possédant une technique d’une grande vivacité. La chorégraphie a été remontée par Luigi BONINO, créateur du rôle d’Ulrich et assistant de Roland PETIT, et tous les rôles, de corps de ballet à solistes, ont parfaitement été interprétés. Au final, cette «Chauve-Souris» offre un moment agréable, avec des danseurs enjoués, tout en nous permettant de découvrir le Ballet de l’Opéra de Rome, qui vient rendre hommage à un des plus grands chorégraphes français disparu en 2011 et dont les œuvres, peu présentées sur Paris ces dernières années, nous manquent terriblement. (Article Patrick HERRERA)

Commentaires

16.05 | 13:56

Un spectacle de qualité avec une programmation harmonieuse entre les pièces classiques et contemporaines, mais aussi au niveau de la musique. Une belle soirée !

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15.05 | 14:26

Un beau moment très bien dansé qui permet de s'échapper du quotidien.

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15.05 | 00:47

Une soirée inoubliable. Un enchantement pour moi qui ai découvert mes sculptures en mouvement. Quelle émotion! Un spectacle de grande qualité.

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11.12 | 02:27

Ekaterina & Dmitri ont évolué sur 2 musiques : d'abord le Prélude n°20 de Frédéric CHOPIN, puis 'Les Quatre Saisons' d'Antonio VIVALDI arrangé par Nigel KENNEDY

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